Les inondations à Bassenge : c’est une vieille histoire. Lorsque j’étudiais à l’école primaire de Boirs, je me souviens très bien avoir vu un jeune élève habitant la rue des bannes à Roclenge venir en barque à l’école. Cela m’avait marqué. Et lorsqu’à l’été 2014, le quartier des Bannes a à nouveau été frappé par une montée des eaux importante qui a inondé toutes les habitations du quartier, j’ai voulu faire de ce dossier une priorité.

La première étape a été de porter celui-ci au conseil communal de septembre 2014 pour voir ce que la majorité cdH avait dans les cartons pour solutionner ce problème vieux de plusieurs dizaines d’années.

J’ai été fort surpris de constater que Josly Piette, le Bourgmestre, renvoyait la balle à la région wallonne. « C’est à la région d’agir », titrera ainsi le journal La Meuse. Le jour suivant le conseil, j’ai donc pris contact avec les services compétents de la région wallonne pour vérifier ce propos. Il m’a alors été répondu que c’était à la commune et à l’AIDE d’agir (Intercommunale de démergement et d’épuration de la province de Liège).

J’ai été estomaqué par cette réponse puisque j’ai alors compris que sur un problème aussi grave que celui des inondations, l’AIDE, la Région Wallonne et la commune se rejetaient tout simplement la balle l’un l’autre. Et pendant ce temps, les citoyens étaient inondés. J’étais d’autant plus estomaqué que l’AIDE est une intercommunale dans laquelle Josly Piette était Vice-Président et dans laquelle il disposait dès lors de tous les relais utiles pour pouvoir avancer sur ce dossier.

C’est dans ce contexte que j’ai donc décidé de m’attaquer au problème. Comme expliqué dans la partie « Comment fonctionne la commune de Bassenge », un conseiller communal qui décide de s’attaquer à un problème ne dispose ni de personnel, ni de fonds publics contrairement à la majorité cdH qui dispose de la main mise sur la caisse communale pour, par exemple, commander une étude sur le sujet, ce qu’ils n’ont jamais fait en 30 ans de pouvoir.

Les trois mois qui suivirent ont été rythmés par ce travail d’étude : rencontre avec les habitants pour recueillir les données du terrain ; rencontre avec les experts du secteur ; appels téléphoniques çà et là ; identification des rôles des différents acteurs publics impliqués dans cette thématique ; rencontre de certains de ceux-ci après journées ; réalisation de plusieurs lectures de plusieurs centaines de pages pour me documenter sur la question et puis, comme je ne disposais d’aucun fonds publics pour m’aider, sollicitation, à titre gratuit, d’un ami ingénieur pour étudier, avec moi et après journée, les causes des inondations. Nous avons, ensemble, passé de longues soirées à discuter du problème et à identifier des solutions.

Des solutions qui seront, finalement, résumées dans un dossier de 16 pages qui peut être téléchargé ici.

Ce dossier sera envoyé à la région wallonne. Il sera par ailleurs distribué dans tout le quartier des Bannes. Une vidéo sera également réalisée pour expliquer de vive voix et de façon didactique les solutions que nous proposons.

La réaction de la majorité cdH ne s’est pas fait attendre. Ceux-ci ont proposé, à peine quelques semaines plus tard, la création d’un grand bassin de rétention en plein milieu du quartier des Bannes. Cette proposition ne reposait sur aucune étude sérieuse. Elle avait été décidée par la majorité cdH la fleur au fusil sans même consulter les experts de la région wallonne et visait simplement à exister sur un dossier sur lequel ils ont, depuis 30 ans, brillé par leur absence de propositions.

J’ai discuté de cette proposition avec notre ingénieur. Nous avons, ensemble, calculé que ce bassin permettrait de retarder l’inondation de 5h43 minutes dans un cycle de 42h d’inondations dans des hypothèses très favorables. Autrement dit, nous avons démontré, avec un calcul mathématique à l’appui, que cette solution ne tenait pas la route. J’ai ensuite porté ce dossier au conseil communal de septembre 2015. Vous trouverez, ici, la demande d’ajout de point à l’ordre du jour du conseil communal.

Comme indiqué dans la note, nous avons proposé la mise en place d’un groupe de travail inondation composé des différents experts du secteur. L’idée de cette proposition était de pouvoir proposer notre démonstration mathématique permettant d’écarter la solution de bassin de rétention. L’idée était aussi de permettre la discussion entre experts afin de sortir de cette situation ou chaque service se renvoyait la balle. L’idée était enfin de pouvoir, le cas échéant, valider les hypothèses que nous avions identifiées dans le cadre de notre étude afin de pouvoir avancer sur ce dossier.

Au lieu d’entrer dans une démarche constructive, Josly Piette et son équipe cdH ont, tout simplement, refusé d’inscrire le point à l’ordre du jour du conseil communal, ce qui est totalement illégal et antidémocratique. Mais ils ont été bien plus loin : ils se sont, une nouvelle fois, réappropriés notre proposition, à la différence que leur proposition ne permettait d’inviter que les seuls les chefs de groupe à la table des discussions. But de la manœuvre ? M’empêcher d’aller démontrer que leur solution de bassin de rétention ne tenait pas la route et surtout, m’exclure des discussions puisque, visiblement, j’en connaissais un peu trop sur le dossier. C’est là que l’on comprend que l’intérêt des citoyens n’importe que peu le pouvoir en place : ce qui compte, c’est l’intérêt du parti. C’est empêcher le seul conseiller communal qui a quelque chose d’intéressant à dire sur le sujet de pouvoir s’exprimer. Il faut dire que s’il s’avérait qu’il ait effectivement raison, il serait alors reconnu qu’il a solutionné l’un des plus gros problèmes… Une publicité qui pourrait faire très mal aux prochaines élections pour le parti en place !

Je ne lâche cependant pas. En janvier 2016, constatant que le groupe de travail n’est toujours pas sur pied (plus de 3 mois plus tard !), je réinscris à nouveau le point à l’ordre du jour du conseil communal pour communiquer au Collège toutes les informations que nous avions sur le dossier. Vous trouverez la demande d’ajout et le projet de délibération ici.

Encore une fois, le point n’a pas été accepté par le cdH au conseil communal (anti-démocratique et illégal). Il convenait de constater qu’il n’était plus possible, pour un conseiller de l’opposition, de pouvoir s’exprimer sur un dossier d’intérêt dans l’assemblée parlementaire locale qui, théoriquement, devait lui garantir un droit à la liberté d’expression total…

Encore une fois, nous n’avons pas laissé tomber et sommes entrés dans une démarche de lobbying intense et constant. A la suite de celle-ci, le collège communal n’a eu d’autre choix que de réunir le groupe de travail inondation. A cette occasion, il a été convenu de solliciter une étude indépendante pour étudier les causes des inondations et formuler des propositions de solutions. On avançait enfin !

Le bureau d’étude Arcadis a remporté le marché. Celui-ci confirmera les hypothèses que nous avions émis dans notre dossier de 2014 (clapets anti-retour, création de diguettes, travail sur le réseau d’égouttage).

Ce fut donc une belle victoire. Alors certes, le cdH a tout fait pour ne pas nous communiquer l’étude. Ils ont même été jusqu’à gommer le numéro des pages et communiquer une version falsifiée du document où les passages qui démontraient que nous avions raison n’apparaissent bizarrement plus. Quand je m’en suis rendu compte, j’ai téléphoné aux services compétents de la Région Wallonne qui n’en croyaient pas leurs oreilles… Ceux-ci ont rapidement demandé à la commune de nous transférer le bon document, complet. Ce qui a été fait.

Nous sommes donc, en deux années de travail, passé d’une situation où le cdH de Bassenge n’avait aucune proposition à formuler sur un dossier technique à une situation où, grâce à notre lobbying et nos études, des propositions sont désormais sur la table. Je pense que l’on peut être fier du travail accompli puisqu’aujourd’hui, ces propositions sont inscrites au budget pour être concrétisées.