« Fédérer pour une action utile au plus grand nombre »

L’une des premières initiatives de la législature a été de créer un comité de jeunes socialistes à Bassenge (MJS). Il s’agissait d’un mouvement d’action citoyenne, d’initiatives politiques et de prise de position dont l’objectif était de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes aux enjeux politiques et aux valeurs de gauche. J’ai eu l’honneur de présider ce comité pendant plus deux années. Sur le plan des actions, nous avons voulu nous attaquer aux clichés qui mènent la vie dure au parti socialiste en organisant deux conférences piquantes :

  • Le PS est-il un parti d’assistés ?
  • Le PS mène-t-il une politique d’immigration laxiste ?

Deux orateurs de premier choix nous ont, à l’époque, fait l’honneur de leur présence : le Ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt pour le premier sujet et le professeur et Sénateur Hassan Bousetta pour le second. Le moindre que l’on puisse dire, c’est que ces conférences ont été animées par plusieurs citoyens qui n’ont pas eu leur langue en poche. Et tant mieux !

Le MJS Bassenge s’est également intéressé, avec le MJS de Flémalle, à la problématique des numéros INAMI pour les étudiants en dernière année de médecine et dentisterie. Nous avons, ensemble, écrit un courrier à la Ministre de la Santé, Madame de Block, afin de l’interpeller sur le sujet et montrer notre soutien aux étudiants concernés. Voyez le courrier envoyé en néerlandais ici. Voyez la réponse reçue de Madame de Block ici.

Le MJS Bassenge a également organisé une soirée concert au Moulin du Broukay à Eben-Emael afin de rassembler un maximum de jeunes et de moins jeunes. Plusieurs personnalités politiques ont fait le déplacement : l’ancien Ministre des entreprises publiques, Monsieur Jean-Pascal Labille ou encore, l’ancien Ministre du Budget, Monsieur Christophe Lacroix. De nombreux jeunes socialistes de différentes sections et de la Fédération Liégeoise sont également venus témoigner leur soutien dans une ambiance rock où le groupe GAW a pu, pendant près de 2heures, reprendre avec talent les plus belles chansons. Bien que ce concert se soit organisé un vendredi 13 septembre 2013, tout le monde a passé une bonne soirée !

Les événements ci-avant se sont enchainés les uns après les autres pendant une année et ont demandé beaucoup d’énergie. S’en est alors suivi une forme de remise en question : le travail réalisé était-il utile pour les bassengeois ? Sachant que ce comité avait aussi été créé pour atteindre cet objectif ?

Il fallait bien admettre que non. Certes, les conférences sont sympathiques. Certes, l’organisation de soirées est amusante. Mais est-ce bien dans ce créneau que nous voulions évoluer ?

Il fallait se remettre en question.Dans ce contexte, j’ai invité, au printemps 2014, l’équipe à la maison afin de partager un repas et réaliser un brainstorming pour définir notre calendrier d’actions sur l’année. Avec une seule demande de ma part : les activités proposées devront être utiles aux bassengeois et surtout, innovantes.

Les idées ont fusé les unes après les autres : « faire de la soupe pour les SDF ? » Pourquoi pas, mais ce n’est pas vraiment innovant. « Faire une bourse aux jouets pour les enfants à Noël ? » Pourquoi pas fin de l’année, mais d’autres le font déjà. « Vendre des gaufres pour différentes œuvres ? » Franchement, je pense que l’on peut être plus créatifs.

Ce type d’échanges a duré environ 20 minutes. J’écartais, les unes après les autres, les différentes propositions car aucune d’entre elles n’était vraiment novatrice. Je sentais alors que l’on s’écartait, de plus en plus, du sujet.

Marie-Noëlle DEIL

Jusqu’au moment où Marie-Noëlle Deil dit :

« Et si on organisait des cours de rattrapage gratuitement pour les enfants qui n’ont pas forcément les moyens de s’en payer ? »

Je me souviens de cette phrase comme si c’était hier. J’étais avachi sur ma chaise. Et d’un coup, je me suis redressé.

« Des cours de rattrapage gratuits, tu dis ? Développe ».

« Ecoute, je suis professeur de français, histoire et géo. Rodrigue est ingénieur et peut donner tout ce qui touche aux maths et aux sciences. Toi, tu as fait les sciences politiques donc tu peux donner des cours de droit et d’économie. Quant à ton frère, il est professeur de langues. Ensemble, on peut couvrir un paquet de matières ».

L’idée était géniale, innovante et utile. La perle que j’attendais de cette réunion. Les minutes qui suivirent permirent de définir les contours du concept : cours par petits groupes axés uniquement sur les lacunes des élèves ; 2 à 3 heures de cours par élève et une réunion préparatoire fin juin avec les parents pour définir nos exigences et cerner, concrètement, la matière à revoir avec eux.

C’est ainsi qu’est née l’école de la réussite.

Il y a souvent un monde entre l’idée que l’on se fait d’une activité et sa mise en œuvre concrète. C’était le cas ici : on ne savait absolument pas dans quoi on s’engageait même si on avait une petite idée puisque beaucoup de nos membres étaient déjà professeurs. Il fallait cependant se lancer. Nous avons dès lors annoncé l’activité par un toute boite. Par la suite, les inscriptions ne se sont pas fait attendre.

La plupart des membres de l’équipe ont passé un nombre incalculable d’heures à rencontrer les élèves, à préparer les cours et puis, à dispenser ceux-ci, le tout pendant leurs propres congés. J’ai moi-même participé à l’activité en donnant un cours de droit commercial et un cours de droit social. La préparation de ceux-ci m’a pris, je m’en souviens très bien, pratiquement 5 journées complètes : il fallait replonger dans ses cours pour se réapproprier la matière, approfondir ses connaissances sur certains sujets plus précis par des lectures complémentaires et puis, préparer 3 cours de deux heures sur mesure. Le tout gratuitement et pendant une période de congés que j’ai dû prendre à cet effet.

J’avais cette chance de n’avoir qu’une seule élève. Par contre, mes collègues de français, math et langues en avaient entre 5 et 10 chacun. Cette activité bénévole s’est donc, de facto, transformée en une activité à temps plein.

Les efforts ont fini par payer : les élèves inscrits ont tous réussi leur année scolaire. Ils ont, à l’unanimité, salué la qualité des cours et l’aide précieuse sans laquelle ils n’auraient pu réussir leur année scolaire. Le bilan était donc très positif et l’équipe était enchantée.

Cependant, il fallait reconnaitre que la charge de travail avait été très importante et que les vacances annuelles de beaucoup de nos professeurs sont passées à la trappe. Le bénévolat quelques heures par semaine dans l’intérêt collectif est une chose. Le travail à temps plein pendant ses vacances sans aucune forme de rémunération est autre chose.

Certains professeurs ont alors manifesté leur envie d’arrêter l’activité. C’était, très sincèrement, compréhensible. Certains s’étaient en effet lancé pour faire plaisir sans savoir ce qui les attendait. Ils ont honoré leurs engagements avec brio mais ne souhaitaient plus, l’année suivante, passer leur mois de vacances annuelles à travailler jour et nuit pour préparer des cours de rattrapage sur mesure.

D’autre part, il nous revenait que certains élèves ne s’étaient pas inscrits aux cours car l’activité était organisée par un mouvement politique : le mouvement des jeunes socialistes bassengeois (MJS). Ils préfèreraient se priver d’une aide à la réussite plutôt que d’être associés à une couleur. Nous avions déjà pu faire le même constat lors de la soirée du 13 septembre 2013 au Moulin du Broukay : une activité organisée par un mouvement politique ne fédère pas les habitants qui souhaitent rester neutres, c’est-à-dire la grosse majorité de la population.

Face à ce double constat, une question se posait : comment organiser une nouvelle édition de l’école de la réussite dans laquelle chacun puisse se retrouver ? De plus, comment faire grandir celle-ci tant au niveau du nombre de professeurs que du nombre de matières sur lesquelles proposer une aide ?

La réponse n’était pas bien compliquée : il fallait obtenir des fonds. Et pour ce faire, il n’existe pas 50 possibilités : soit on organise des activités pour générer des revenus ; soit on parvient, d’une manière ou d’une autre, à obtenir des subsides.

C’est dans ce contexte que l’idée de créer une association sans but lucratif (ASBL) qui dispose de sa propre personnalité juridique est apparue.

Une association neutre sur le plan politique et ouverte à toutes et tous. Une association qui organiserait différentes activités afin de récolter des fonds pour pouvoir défrayer les professeurs. Une association qui, en raison de sa structure juridique, serait capable d’aller chercher des subsides pour recruter de nouveaux professeurs et développer ainsi l’encadrement. Une association qui aurait pour but de fédérer un maximum de citoyens désireux de s’investir dans la vie associative bassengeoise. Une association qui, à son échelle, tenterait de contribuer au dynamisme de notre belle vallée. Non plus dans l’intérêt d’une idéologie politique. Mais bien dans l’intérêt de tous les bassengeois.

C’est ainsi que l’ASBL Bassenge on Move est née :

  • Bassenge : notre terrain de jeu ;
  • On : signifie « on », soit tous ensemble et ce, indépendamment des convictions politiques et philosophiques des membres ;
  • Move : le mouvement avec déjà cette idée, à l’époque, de proposer des activités dans le domaine du sport, un thème sur lequel je voulais impérativement travailler au vu de mon passé de sportif.

Un appel a ensuite été lancé à tous les bassengeois pour participer à une réunion de lancement. Le Conseil d’administration, quant à lui, a été ouvert aux citoyens. Et puis, il a fallu démarrer. En partant de rien. Imaginer les activités. Et puis les mettre en œuvre, en équipe. Ce que nous faisons maintenant depuis plus de 3 ans dans le cadre de la vie associative.