Le contexte dans lequel s’est inscrit notre travail n’a pas été de tout repos puisque le seul parti au pouvoir depuis 30 ans (le cdH) n’a, au grand jamais, voulu s’inscrire dans une démarche constructive, malgré nos demandes répétées de pouvoir travailler ensemble dans l’intérêt de tous les bassengeois. Nos propositions ont été systématiquement refusées, indépendamment de leur qualité et de leur utilité. De nombreuses questions sans restées sans réponse. Plus grave encore : les règles de fonctionnement de notre démocratie ont été, à chaque fois que l’intérêt du parti en place le justifiait, bafouées par celui-ci en empêchant les conseillers communaux de prendre la parole lors du Conseil Communal ; en leur refusant l’accès à certaines pièces d’administration sensibles ; en manipulant l’information communiquée à la population ou encore, en empêchant le vote sur certaines propositions par différentes manœuvres illégales.

On peut ajouter à ce tableau déjà bien sombre :

  • Création de certains groupes de travail pour exclure des discussions les conseillers qui maitrisent visiblement mieux qu’eux la matière ;
  • Communication de rapports officiels présentés comme complets mais dont les numéros de pages ont été gommés et dont certaines pages sont manquantes ;
  • Discrimination envers certaines associations locales ;
  • Non-respect de la loi sur les marchés publics pour favoriser certaines entreprises proches du parti en place…

Mais aussi :

  • Refus d’inscrire les interventions qui dérangent des conseillers communaux dans le procès-verbal du conseil communal ;
  • Réappropriation malhonnête de dossiers construits par des conseillers communaux de l’opposition ;
  • Prise de décisions administratives sans aucune forme de motivation alors que c’est une obligation légale ;
  • Refus d’ouvrir les moyens de communication officiels de la commune aux partis de l’opposition pour que la réalité qui y est présentée toujours sous un angle qui favorise l’image du parti en place ne puisse être contrebalancée.

Sur la base de ces éléments, je cherche encore à comprendre ce qu’il y a d’« humaniste » ou de « démocrate » dans l’action du cdH de Bassenge. Ces comportements, inacceptables, concourent à mon sens à la réélection du même parti politique depuis plusieurs décennies et ce, indépendamment des résultats effectivement obtenus sur le terrain.

Parlant de réélection : savez-vous comment maintenir une majorité absolue en place pendant des décennies dans une commune alors que celle-ci est loin de réaliser un travail remarquable ? Permettez-moi de vous livrer une recette. Toute ressemblance avec des situations ou des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite.

  1. Tentez de faire taire, par différentes manœuvres illégales, les conseillers communaux qui dérangent (ça ne marche pas toujours) ;
  2. Refusez, pendant votre mandature, d’ouvrir le bulletin communal aux partis de l’opposition afin que ceux-ci ne puissent informer les habitants des éventuels problèmes liés à votre travail ;
  3. Présentez, dans ce bulletin communal, toujours la réalité sous un angle qui vous arrange. La philosophie qui doit être encrée dans la tête des habitants est la suivante : « tout va bien » même si, qu’on se le dise, on sait tous que ce n’est pas vrai. De toute façon, vous n’avez rien à perdre puisque personne n’a le droit de remettre en question ce que vous dites et de plus, ce n’est pas vous qui payez l’impression, mais bien le citoyen ! ;
  4. Publiez dans une revue locale lue par plusieurs milliers de personnes ou dans les bulletins communaux les comptes rendus du conseil communal. Vous pourriez, c’est un exemple, intituler ceux-ci de la sorte : « L’échaos du conseil communal ». Encore une fois, on ne le répétera jamais assez, il est important de présenter, dans cette publication, la réalité sous l’angle qui vous arrange : les habitants n’y verront que du feu. Ils penseront que c’est une publication officielle de la commune qui se doit d’être neutre donc… le tour sera joué ! Tout le monde pensera que vous faites du bon boulot ! Indépendamment des résultats effectivement obtenus sur le terrain ! Et si un conseiller communal de l’opposition pose des questions dérangeantes lors du conseil, il vous sera alors possible de lui faire dire ce qu’il n’a pas dit ou de passer sous le silence son intervention. Il n’aura de toute façon pas le droit de contrebalancer la réalité qui le vise ! Démocratie ? Pardon ? Non hein ! La Démocratie, c’est juste un concept que l’on sort lors des élections quand ça nous arrange. Après, quand on est élu, ce qui compte, c’est rester au pouvoir par tous les moyens ;
  5. Enfin, n’oubliez pas que la plupart des habitants n’en ont que faire de la politique. Dès lors, pour assurer votre réélection, il est important d’infiltrer le secteur associatif afin de disposer, à terme, de nombreux relais. Comment ? Les possibilités sont infinies puisque vous avez la main sur la caisse communale. Néanmoins, afin de rendre cet exposé aussi exhaustif que possible, permettez-moi de vous suggérer quelques idées :
    1. Pensez à créer une commission pour les personnes plus âgées. Vous pourriez, par ce biais, organiser avec l’argent du contribuable principalement toute une série d’activités à leur attention. Vous pourriez également leur offrir, à cette occasion et toujours avec l’argent du contribuable, un morceau de tarte ou une tasse de café : il n’en faudra pas plus pour vous rendre sympathique et pour qu’ils pensent à vous aux prochaines élections ! ;
    2. Rendez-vous dans plusieurs manifestations locales et offrez-y, à cette occasion et avec l’argent du contribuable, des tickets boissons aux différents comités organisateurs. Un exemple au hasard ? A l’occasion d’un carnaval ! Quoi ? Vous pensez que c’est trop gros ? Mais non : rassurez-vous. Il faut présenter le tout comme une « forme de subvention aux associations » ! Et si, d’aventure, un conseiller communal de l’opposition apprend que vous payez des verres à la terre entière avec l’argent du peuple et qu’il décide de s’en émouvoir, pas de tracas : vous le ferez passer pour le méchant ! Pour celui qui est contre les associations locales et le développement du tissu associatif ! ;
    3. Enfin, subventionnez avec l’argent du contribuable massivement les associations locales. Spécialement celles dont les conseillers communaux de votre groupe politique ou les militants de votre parti font partie ! Imaginez le nombre de personnes que vous allez rendre heureuses… et qui risquent, elles aussi, de penser à vous aux prochaines élections ! Et si un jour, un conseiller de l’opposition cherche à comprendre pourquoi certaines associations touchent des milliers d’euros par an contre quelques euros à peine pour d’autres, il faut rester le plus flou possible sur votre méthode de calcul. Une méthode qui n’existe sans doute pas d’ailleurs : c’est, comme vous le savez, à la tête du client et selon la proximité qui peut exister entre votre parti et les représentants de l’association. Mais ça, vous ne pourrez évidemment pas le reconnaitre publiquement : vous êtes, c’est important de la rappeler, une autorité publique qui aime traiter toutes les associations sur un pied d’égalité !

Madame, Monsieur : vous l’avez compris. L’un des plus gros enjeux des prochaines élections sera le rétablissement d’une certaine forme de démocratie et de justice à Bassenge.

  • Une justice entre les citoyens: Il n’est pas normal que certains citoyens reçoivent du bois coupé par les ouvriers communaux sans que les autres ne puissent en bénéficier également. Il n’est pas normal que des tickets boissons soient distribués par les membres du Collège à l’occasion de certaines manifestations aux personnes présentes… sur le compte des citoyens. Il n’est pas normal que les associations locales ne soient pas traitées sur un pied d’égalité et que certaines aient plus d’avantages que d’autres. Ces exemples, on pourrait en citer d’autres, démontrent que les actuels gestionnaires de la commune de Bassenge (cdH) ne traitent pas tous les citoyens sur un pied d’égalité. On peut alors parler de discrimination. Un concept prohibé par la plus haute norme de droit de notre pays : la Constitution ;
  • Une justice entre les entreprises: celles-ci doivent disposer des mêmes chances de pouvoir décrocher des fonds publics dans le cadre de contrats initiés par la commune de Bassenge et ce, indépendamment des relations qu’elles ont avec le pouvoir en place. Pour que cette égalité des chances puisse effectivement être assurée, il convient d’appliquer la loi sur les marchés publics. Or, à Bassenge, cette loi n’a pas, à plusieurs reprises, été respectée[1]. Cela a d’ailleurs été relevé par l’autorité de tutelle. Des entreprises se sont ainsi vu octroyer des montants importants (parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros !) sans aucune forme de mise en concurrence. Cela signifie deux choses : d’une part, certaines entreprises n’ont pas eu l’occasion de décrocher le contrat et donc, de développer leurs activités. D’autre part, la mise en concurrence n’a pas permis de faire diminuer le montant de la facture. Une facture payée, pour rappel, par le citoyen ;

Ces comportements constituent des dérives réalisées par un groupe d’individus laissés depuis trop longtemps seuls aux commandes de la commune. Ces individus ont été, en 2012, soutenus par 54% des habitants de Bassenge pour toutes 

les raisons explicitées ci-avant. Cela signifie également qu’ils n’ont pas été soutenus par 46% de la population bassengeoise. Il suffirait dès lors de quelques pourcentages à peine en moins pour faire complètement changer le rapport de force… et instaurer une nouvelle équipe à la tête de la commune.

A cet égard, les chiffres suivants interpellent : pour l’élection du Parlement Wallon, du Parlement Fédéral et du Parlement Européen en  2014, 29,18% des Bassengeois ont soutenu en moyenne le PS contre 24,06% pour le MR. Le cdH n’arrive que loin derrière, avec 15,49% des suffrages. Quant à écolo, il ne représente que 6,90% des électeurs ce qui, notons-le au passage, représente un score moins important que celui d’un parti d’extrême droite comme le parti populaire. Bassenge est donc avant tout une commune socialiste.

La différence dans la manière de voter entre les élections législatives et les élections communales montre qu’il se passe quelque chose chez nous qui influence considérablement le vote. Au vu des faibles résultats du parti en place depuis 30 ans, je ne pense pas que cette raison est à chercher dans la compétence des gestionnaires actuels de notre commune. Elle est, à mon sens, à chercher ailleurs, soit dans le contexte politique que j’ai décrit, me semble-t-il, avec suffisamment de précisions dans la présente section.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, une nouvelle ère s’annonce : celle de l’information et de la communication. Les habitants ont désormais la possibilité de partager entre eux leur mécontentement avec d’autres sur Facebook et ailleurs. Ils peuvent ainsi se rendre compte du fait que les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien sont également ceux rencontrés par d’autres aux quatre coins de la commune. S’ils comprennent qu’ils ne sont pas isolés, ils comprennent également qu’il y a un problème dans la manière avec laquelle ils sont administrés… ce qui peut, à mon sens, les inciter à changer leur manière de voter.

Les politiques, quant à eux, peuvent désormais s’exprimer librement par articles et par vidéos et ce, sans intermédiaire. Les réseaux sociaux leur permettent d’être entendus et vus par des milliers d’habitants. A condition qu’ils osent s’exprimer. Ce que je n’ai jamais hésité à faire durant la présente législature malgré les pressions, les menaces et les tentatives d’intimidation.

J’aime à penser que les citoyens peuvent inverser le rapport de force et que nous pourrons, à l’avenir, gérer Bassenge autrement. De nombreux enjeux sont à relever. Ceux-ci sont abordés et explicités dans le cadre de notre programme électoral.